ERREUR DE CASAGE...
En language Libraire, une erreur de casage, c'est quand les petits gars du distributeur chargés de dispatcher les exemplaires des magazines dans les bacs destinés aux libraires se plantent...et que l'on reçoit des trucs qui n'apparaissent pas dans la note d'envoi parce que destinés à un voisin libraire.
Et bien, là en l'occurrence, ça ressemble à ça.
Un carton plein de "livres"... et une note AMP (le distributeur) qui explique que nous devons donner ce bouquin gratuitement et sur demande aux clients. Soit.
N'empêche, c'est quand même un peu interpelant... Un si gros bouquin, 196 pages, dos carré collé, gros grammage... genre du bien corporate avec photos pleine page partout, façon marque qui cherche à se valoriser ou à faire oublier quelque chose... bref du pas donné. 25 bouquins pour notre petite librairie de quartier... multiplié par le nombre de librairies Belges (plusieurs milliers)... et certainement beaucoup plus d'exemplaires dans la partie Néerlandophone de la Belgique... vu que le bouquin est rédigé en Néerlandais... Tout ça gratuit. Ok.
Bon, le matin, c'est speed la vie d'un libraire... On ne comprend pas, donc on met de côté, derrière... et puis on oublie...
Quelques jours plus tard, un client nous demande si on a le bouquin. On ouvre le carton, on tend le livre, ou devrait-on dire la plaquette... et on se fait expliquer. En fait, il s'agit d'un livre à la gloire du boss dirigeant qui avant de partir et quelques semaines avant le début de la campagne fait un petit bilan de fin de mandat... c'est à dire une ré-écriture de l'histoire à la sauce babord ou tribord.
Ca m'a rappelé l'époque où -oui oui je l'admets- je bossais dans une boîte de comm' politique à Bordeaux et où on passait notre temps à "fabriquer du print" pour mousser nos clients maires (échevins). Le bilan de mi-campagne ou de fin de campagne sont la bonne occase pour les boites de comm' de se faire un budget dodus en plus... et pour le futur candidat de se rappeler à la postérité, avec émotion, compassion, sueurs, chiffres à l'appui et tout et tout.
Bah là, c'est pareil, il s'agit de Verhofstadt, qui d'après ce que j'ai compris dit au revoir à ses concitoyens après 8 années de bons et loyaux services à la tête de l'Etat.
A la limite, tant qu'il n'utilise pas l'argent public, c'est son droit le plus strict. Mais je trouve quand même un peu gros, voire complètement déplacé que les libraires soient associés à cette démarche. Je vous le demande, en quoi devrions-nous participer, nous travailleurs indépendants qui vivons du commerce de presse et de livres, aux actions de propagandes politiques ??
Peut-être parce qu'il a dû sembler évident aux hommes de communication qui ont organisé tout ça que c'était la façon la plus pragmatique d'atteindre la population...enfin les électeurs... et qu'il n'a pas semblé moins évident à notre cher distributeur de presse de nous utiliser comme d'habitude comme vâche à lait réduite à une simple excroissance de leurs entrepôts et de leur besoin de trésorerie.
Et tout ça n'a soulevé aucune interrogation chez les syndicats de libraires ou dans les milieux journalistiques. Tout ça parait tout à fait normal...
Ok.
Libellés : POLITIQUE
2 commentaires:
J'aime quand Alexandre se fâche... Mails a raison, là. Promis: avant la fin du week-end, je lui donnerai un coup de main sur mon blog!
31 mars 2007 16:15
Merci pour votre soutien Ô cher Charles ! Tiens, pour la peine, je vais même créer un lien vers votre blog histoire que Google fasse grimper -modestement j'en ai peur- votre page rank...
PS : je ferai ça demain... peûuut-êêtre !
31 mars 2007 18:53
Enregistrer un commentaire
Liens vers ce message:
Créer un lien
<< Accueil