Dans le cadre de ses formations en gestion d’entreprise d’économie sociale l’EPFC organise un cycle de conférences destinées à tout public intéressé par des...
Ressource (voir en fin d’article) : une émission de radio avec l’auteur.
« On » a beau m’expliquer qu’il n’y a pas d’alternatives, que le système économique et les conséquences sociales du moment n’attendaient que notre génération pour s’imposer naturellement au monde, sorte de darwinisme contre lequel il ne faudrait surtout pas se rebeller…
On a beau me dire que la théorie du complot relève de fantasmes de gauchistes qui auraient arrêter de grandir trop tôt, qu’il est l’heure d’être raisonnable, responsable et pragmatique… la pilule a -beaucoup- de mal à passer.
Alors vous pensez bien que quand Naomi Klein a sorti la stratégie du choc, quelques mois avant l’effondrement -ponctuel- du système financier en 2008, je me suis jeté dessus et ne l’ai plus lâché… tout crispé.
Ce que ce bouquin a de génial, c’est qu’il vous permet précisément de vous affranchir définitivement de la théorie du complot, pour mieux y replonger après (mais cette fois avec des arguments lourds).
Bien sur, un essai n’est qu’une proposition et il ne faut pas l’avaler aveuglément ou goulument, sans remettre en question les « paradigmes » qui fondent son propos. Mais il y a là un énorme travail d’enquête qui donne des clés de lectures à même de réveiller le QI d’une huitre cuite !
Oulala, je sens que là je perds une partie du lectorat et que l’autre me toise de travers… je m’explique.
Il y eut une époque pas si lointaine où on avait l’impression de faire partie d’un projet de société, où les lendemains avaient le goût du possible, où le débat public n’était pas l’apanage de quelques uns. Période qui suivit l’après-guerre, pendant laquelle luttes et confrontations semblaient permettre au plus grand nombre de vivre mieux, et dignement. Avancées sociales, développement économique, meilleure redistribution de la richesse, démocratisation de continents entiers, les peuples (enfin certains peuples) relevaient la tête, avec un certain succès.
Forcément, cette vision d’horreur avait ses détracteurs… qui ne restèrent pas en reste… vraiment pas.
Entre autre, citons, le bien heureux -mais bien heureusement mort- prix Nobel d’économie Milton Friedmann de l’Université de Chicago, qui défendait un tout autre concept… pour le bien de l’humanité et des classes gouvernantes.
En l’occurrence, un projet qui réduirait l’Etat a sa plus simple expression, essentiellement garant de la défense de la propriété privée. Pour le reste, l’Etat serait censé tenir le rôle de guichet auquel viendraient frapper les « corporations » pour récupérer l’argent du contribuable et gérer les compétences de l’Etat : enseignement, sécurité sociale, systèmes de pensions… bref, tout ce qui peut être -de leur point de vue- sous-traité.
A partir des années 50 / 60, ces néo-libéraux, qui pensent que le marché doit naturellement apporter le meilleur service au meilleur coût, qui pensent que tout acte de vie (y-compris par exemple un mariage) répond aux règles du marché humain, sont prêts à contre-attaquer. Le dogme, les réseaux, la CIA, et la première cible : le cône sud de l’Amérique latine. D’autres suivront : Afrique du Sud à la fin de l’Apartheid, l’Angleterre de Thatcher, le bloc de l’Est quand il tombe, le tsunami qui frappe l’Asie, l’Irak, Katrina… cela ne s’arrêtera plus… On voit le résultat aujourd’hui même en Europe.
La stratégie : profiter d’un évènement ou le provoquer afin d’intervenir sur un territoire, en appliquant une « stratégie de choc » (terme emprunté aux travaux d’un certain Cameron, psychiatre alors persuadé que l’on peut soigner des personnes atteintes de troubles psychiques en les faisant régresser mentalement… aliénation des sens, électrochocs etc… On formate le disque et on reconstruit dessus. Ses petites expériences ont servi de base au manuel du « parfait petit tortureur » de l’armée américaine). C’est-à-dire de la terreur afin d’assommer une population, la prise en main de la gouvernance, l’endettement massif avec le FMI qui a été noyauté, et le démentellement de l’Etat.
Une dernière chose : lorsque la « crise financière » est arrivée, on a voulu croire qu’enfin les règles de gouvernance allaient changer… la bonne farce ! Après lecture de ce livre, on comprend mieux comment on en est arrivé là… et deux ans plus tard, on se demande si ici encore les néo-lib’ n’ont pas provoqué la crise qui allait encore une fois leur donner un coup d’avance, une stratégie de choc globale qui allait endetter toute la planète… exigeant ensuite d’elle qu’elle se réforme de fond en comble en mettant les peuples à genoux. L’actualité imposant la « rigueur », les réformes des retraites, …, participent de se mouvement…
L’ouvrage de Naomi Klein est une brique et peut en décourager beaucoup. Il sort en poche en Septembre. Pour les paresseux, voici une émission de radio à l’occasion de laquelle l’auteur revient sur cette épopée toujours à l’oeuvre. A ne louper sous aucun prétexte !
L’émission ne remplace pas le livre, qui vous permettra de fouiller le sujet… et probablement de vous mettre très en colère ! Le livre vient de paraître en poche chez Babel (15.25€) A commander ici.
Un film du même titre est également sorti récemment, mais je ne le recommanderai pas, la collaboration entre Naomi Klein et le réalisation ayant mal tournée.
Note : toutes les émissions de La-bas si j’y suis commencent pas le répondeur, qui peut paraître à juste titre tout à fait anachroniques. Vous pouvez accéder directement à l’émission en cliquant sur les chapitres.
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Naomi Klein, journaliste Canadienne, avait déjà fait parler d’elle en publiant il y a quelques années un ouvrage de référence, No logo, disponible en poche, fruit d’un travail d’enquête très fouillé et documenté sur le monde des marques.
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