Dans le cadre de ses formations en gestion d’entreprise d’économie sociale l’EPFC organise un cycle de conférences destinées à tout public intéressé par des...
Voilà douze ans que Serge Halimi publiait Les nouveaux chiens de garde. L’ouvrage était qualifié à sa sortie de pamphlet par Edwy Plenel, alors directeur de la rédaction du Monde. Plenel n’est d’ailleurs à l’époque pas le seul à critiquer la démarche intellectuelle de l’auteur, en la qualifiant de « faux procès du journalisme« .
« Serge Halimi accomplit dans Les Nouveaux Chiens de garde le prodige rétro de constituer tous les non-marxistes de France en serviteurs du Grand Capital » réplique ainsi Alain Finkielkraut (Le Monde, 12 décembre 1997). Patrick Poivre d’Arvor s’énerve : « C’est du terrorisme intellectuel doublé d’une façon archaïque de voir le monde. » (Télérama, 31 janvier 1998) Autre héros du livre, et pas des moindre, Alain Duhamel condamne : « La fraternelle entraide qu’il caricature est aussi, croyez-moi, un système de concurrence sauvage. C’est un livre archaïque » (Télérama, 31 janvier 1998). Les critiques négatives font florès : Laurent Joffrin dans Libération, 12 mai 1998 ; Philippe Tesson dans Le Figaro Littéraire, 8 avril 1999, etc. »
Il faut dire que le ton d’Halimi est comme à son habitude engagé et clairement orienté politiquement. Il dénonce, ne laisse pas de place à la nuance… « En faisant référence à Paul Nizan et son livre Les Chiens de garde, [il met] à plat les liens entre journalistes et hommes politiques. Il démontre comment un petit groupe « d’intervenants permanents » prescrit l’opinion. Journalisme de révérence, journalisme de connivence, journalisme de marché, telles sont les formes de journalisme décrites dans ce livre : « Un petit groupe de journalistes omniprésents – et dont le pouvoir est conforté par la loi du silence – impose sa définition de l’information-marchandise à une profession de plus en plus fragilisée par la crainte du chômage. » Évoquant la censure, Serge Halimi souligne : « La censure est cependant plus efficace quand elle n’a pas besoin de se dire, quand les intérêts du patron miraculeusement coïncident avec ceux de « l’information ». » (texte : wikipedia)
Douze années se sont écoulées… L’avènement du web, la mutation profonde de l’information, la précarisation des journalistes, l’intégration toujours plus « nécessaire » économiquement des groupes de presse par des barons industriels semblent pourtant lui donner raison, l’information étant devenue une marchandise comme une autre.
Serge Halimi est devenu directeur du Monde Diplomatique, sans pour autant renoncer à son goût pour le journalisme d’opinion sans nuance. Edwy Plenel, lui, s’est depuis lancé dans l’aventure MEDIAPART, défendant un projet d’information alternatif aux médias en place. 12 ans plus tard, je me demande ce qu’il aurait à en dire…
Quoi qu’il en soit, nous vous recommandons la lecture de ce petit volume d’une centaine de pages (Prix : 6€ – à commander ici). On peut le trouver « excessif ». Reste qu’il engage un débat de fond sur le monde de l’information, débat d’une actualité plus que jamais brûlante.
Si vous ne pensez pas avoir le temps, ou si vous êtes intrinsèquement paresseux(se), vous pouvez vous tourner vers une émission de radio (La-bas si j’y suis) consacrée à ce livre.
Note : toutes les émissions de La-bas si j’y suis commencent pas le répondeur, qui peut paraître à juste titre tout à fait anachronique. Vous pouvez accéder directement à l’émission en cliquant sur les chapitres.
Sources : wikipedia, le monde diplomatique
A voir aussi, sur la connivence entre politiques et journalistes, le film de Pierre Carles: Pas vu, pas pris
http://video.google.com/videoplay?docid=-1235218397233431416#
(et sa « suite », Enfin pris: http://video.google.com/videoplay?docid=6416231002784308618&hl=en&emb=1 )