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Selon Elie Arié, le temps est au cynisme affiché. Avant, les politiques tentaient de dissimuler leur magouilles sous l’apparence de l’honnêteté. Maintenant ils ne prennent plus cette peine. Et le risque, c’est que le monde entier les imite.
Un des effets les plus impressionnants de la mondialisation est qu’elle nous aura fait entrer, en politique comme en économie, dans l’ère du cynisme affiché et même revendiqué.
Bien sûr, la politique, qui est recherche du pouvoir (parfois comme fin en soi, parfois au service d’une grande vision) a toujours été, par nature, cynique, sans scrupules, ne s’interdisant aucun moyen ; bien sûr, le capitalisme qui est, par nature, recherche du profit (parfois comme fin en soi, parfois au service d’un grand projet industriel) , est, par nature, cynique, sans scrupules, ne s’interdisant aucun moyen.
Mais tous deux avaient longtemps dissimulé ce cynisme derrière des justifications (auxquelles ils croyaient ou non, selon les cas) : et c’est ce besoin de se justifier qui a disparu.
Comment considérer autrement que comme un cynisme affiché le fait que les parlementaires, après avoir voté des lois sur le financement des partis politiques qui plafonnaient les dons qu’ils pouvaient recevoir, mettent ouvertement en place des systèmes (création de partis fictifs pour recevoir des dons supplémentaires) destinés à contourner les lois qu’ils ont eux-mêmes votées, sans chercher à justifier cette extraordinaire contradiction, ni à masquer le message qu’elle véhicule : « Les lois que je vote, je n’en ai rien à cirer » ?
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