Qui de la social-démocratie hollando-dirupienne ou de l’une ou l’autre des droites plus classiques (je ne dis pas « libérale » car comme le...
La baisse des salaires exigée par la Troïka enfoncerait encore plus profondément la Grèce dans la récession et la pauvreté, écrit l’économiste Tim Duy, qui se demande si cette politique « draconienne », consistant à appauvrir tout un peuple faute de pouvoir dévaluer sa monnaie, sera ensuite imposée au Portugal, à l’Espagne et à l’Irlande. De quel droit s’interroge-t-il, peut-on « jeter des citoyens européens – tout un peuple – dans la pauvreté ? A quel moment cela devient-il une question relevant des droits de l’homme ? » — Non, contrairement à ce que déclarent Sarkozy et Merkel, l’Europe n’est pas « sauvée ». Bien au contraire, elle sacrifie aujourd’hui son « âme », son projet fondateur d’un espace de mieux vivre partagé, sur l’autel de la créance, en choisissant pour des raisons comptables à courte vue de plonger dans la misère tout un peuple, de tolérer des taux de chômage des jeunes avoisinant les 50% dans plusieurs pays. Ce n’est pas un hasard, si Martin Wolf a mentionné hier dans Le Monde Heinrich Brüning, dernier Chancelier de la République de Weimar, dont la désastreuse politique de déflation a propulsé Hitler au pouvoir. L’Europe a appris au prix fort que misère, désespoir et démocratie ne font pas bon ménage. Ce fut l’ardente obligation ayant présidé à la refondation du contrat social de l’après guerre : éradiquer les causes du désastre. Hélas, nos dirigeants de l’heure paraissent avoir oublié cette terrible leçon. On se prépare aujourd’hui à saigner à mort la Grèce pour la « guérir » – à enterrer du même coup ce qui reste de l’idéal européen, en prenant le risque insensé de réveiller les vieux démons. Contre Info
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ContreInfo :: Grèce : l’Europe joue avec le feu, par Tim Duy .